L’eau potable aux TNO

Échantillons de produits chimiques et physiques

Alcalinité

L’alcalinité est un indice de la capacité tampon de l’eau. Elle est étroitement liée à la dureté de l’eau. La plupart du temps, l’alcalinité est produite par des anions ou des espèces moléculaires d’acide faible, principalement de l’hydroxyde, du bicarbonate ou du carbonate. Les autres espèces comme le borate, le phosphate, le silicate et l’acide organique peuvent y contribuer, dans une moindre mesure. L’alcalinité est exprimée en quantité équivalente de carbonate de calcium. Étant donné que l’alcalinité de la plupart des eaux de surface canadiennes est due à la présence de carbonates et de bicarbonates, l’alcalinité mesurée correspond à la dureté de l’eau.

Plomb

La concentration maximale acceptable de plomb dans l’eau potable est de 0,010 mg/L.

Le plomb est un poison qui peut attaquer gravement le système nerveux central. Les femmes enceintes, les nourrissons et les enfants de moins de six ans sont les populations les plus vulnérables. La présence du plomb dans l’eau du robinet vient de la dissolution des sources de contamination naturelles ou du plomb contenu dans la tuyauterie des maisons sous forme de tuyaux, de soudures ou de raccords au réseau. La quantité de plomb de la tuyauterie qui peut être dissoute dépend de plusieurs facteurs, dont l’acidité de l’eau (pH), sa dureté et son temps de séjour.

Le plomb n’est plus utilisé dans les réseaux de distribution et la plomberie depuis 1945. Les personnes vivant dans des maisons construites avant cette date doivent faire couler l’eau pendant quelques minutes avant de la boire (pour éliminer l’eau ayant stagné dans les tuyaux). Il est recommandé de chasser l’eau du robinet avant d’en prélever pour l’échantillonnage ou les analyses. Le plomb n’est pas considéré comme inquiétant aux TNO où il ne subsiste que quelques maisons ou réseaux de distribution anciens.

Aluminium

Aucune recommandation en matière de santé (concentration maximale admissible) ou aucun objectif d’ordre esthétique n’a été défini pour l’aluminium contenu dans l’eau potable. L’aluminium est le métal le plus abondant sur terre. Il constitue environ 8 % de la croûte terrestre. Il est présent dans de nombreux minéraux. L’aluminium est principalement extrait sous forme de bauxite, un minerai contenant 40 à 60 % d’oxyde d’aluminium. L’aluminium est également un composant normal du sol, des tissus des plantes et des tissus animaux.

À titre de précaution, les stations de traitement d’eau utilisant des coagulants à base d’aluminium devraient optimiser leurs opérations afin de réduire le plus possible les niveaux d’aluminium résiduel dans l’eau traitée. Pour les stations qui utilisent des coagulants à base d’aluminium, les valeurs recommandées sont de moins de 0,1 mg/L d’aluminium total pour les stations de traitement conventionnelles et de moins de 0,2 mg/L d’aluminium total pour les autres types de systèmes de traitement (p. ex. stations de filtration directe, de filtration en ligne et d’adoucissement à la chaux). Ces valeurs sont basées sur une moyenne mobile annuelle d’échantillons mensuels.

Arsenic

La concentration maximale acceptable provisoire d’arsenic dans l’eau potable est de 0,025 mg/L. Le niveau d’arsenic dans les cours d’eau se situe généralement entre 0,001 et 0,002 mg/L.

L’arsenic présent dans l’air ambiant provient principalement de la combustion de combustibles fossiles (particulièrement le charbon), de la production de métaux, des utilisations agricoles et de l’incinération des déchets. L’arsenic dans l’eau provient de la dissolution de minéraux et des minerais, provenant d’effluents industriels et de dépôts atmosphériques. Les sources naturelles d’arsenic, comme les roches en contenant qui se dissolvent, contribuent largement à la présence d’arsenic dans l’eau potable et dans les eaux souterraines.

Baryum

La concentration maximale acceptable de baryum dans l’eau potable est de 1,0 mg/L.

Le baryum est présent comme élément trace dans la roche ignée et dans la roche sédimentaire. Bien qu’on ne le retrouve pas à l’état libre dans la nature, il est présent dans un certain nombre de composés, dont les plus courants sont la barytine (BaSO4) et, dans une moindre mesure, la withérite (BaCO3). Le baryum n’est pas considéré comme un contaminant aux TNO.

Cadmium

La concentration maximale acceptable de cadmium dans l’eau potable a été fixée à 0,005 mg/L en fonction de critères d’ordre sanitaire.

Le cadmium est un métal d’un blanc argenté, brillant, mais qui se ternit et qui ressemble beaucoup au zinc. Il est malléable et ductile, et sa pression de vapeur est assez élevée. Le cadmium n’est pas considéré comme un contaminant inquiétant aux TNO.

Chlorure

L’objectif d’ordre esthétique (OE) pour la présence de chlorure dans l’eau potable est de 250 mg/L. À des concentrations supérieures, le chlorure rend désagréable le goût de l’eau et des boissons composées avec de l’eau. Il peut aussi corroder le système de distribution.

Le chlorure est largement répandu dans la nature, généralement à l’état de sels de sodium (NaCl) ou de potassium (KCl). La majeure partie du chlorure dans l’environnement se trouve dans les océans. La présence des chlorures dans les sources d’eau potable peut être attribuée à la dissolution des dépôts de sel, à l’épandage de sel sur les routes pour faire fondre la glace et la neige, aux effluents des usines de produits chimiques, à l’exploitation des puits de pétrole, aux eaux d’égout, à l’écoulement des eaux d’irrigation, aux eaux de lixiviation des dépotoirs, aux émanations volcaniques, aux embruns marins et à l’intrusion de l’eau de mer dans les zones côtières. Le chlorure est généralement présent en faible concentration dans les eaux de surface naturelles du Canada. Les concentrations sont normalement inférieures à 10 mg/L et elles sont souvent inférieures à 1 mg/L.

Chrome

La concentration maximale acceptable de chrome dans l’eau potable a été fixée à 5 mg/L en tenant compte des exigences sanitaires.

Le chrome à l’état trivalent, que l’on retrouve le plus fréquemment dans la nature, est indispensable pour assurer le bon fonctionnement du métabolisme des lipides, du glucose et des protéines chez l’homme et l’animal. Il est considéré comme non toxique. Cependant, si les eaux brutes en contiennent, le procédé de chloration peut l’oxyder et en faire du chrome hexavalent. La concentration totale de chrome dans l’eau potable se situe généralement très en dessous de la concentration maximale acceptable. Le chrome n’est pas considéré comme un contaminant inquiétant aux TNO.

Couleur

L’objectif d’ordre esthétique (OE) pour la couleur présente dans l’eau potable est de 15 uCV (unité de couleur vraie). La couleur n’est pas un paramètre d’ordre sanitaire.

L’eau potable peut être colorée à cause de la présence de matières organiques colorées, de métaux comme le fer, le manganèse et le cuivre, ou encore de déchets industriels très colorés. Même si la présence d’une couleur dans l’eau potable n’a pas d’incidence directe sur la santé, l’expérience a montré que les consommateurs, si leur eau potable est très colorée, peuvent refuser de la boire et se tourner vers d’autres sources d’approvisionnement dont la salubrité n’est pas garantie.

Cuivre

L’objectif d’ordre esthétique (OE) pour le cuivre présent dans l’eau potable est de 1,0 mg/L. Il a été fixé pour assurer la palatabilité de l’eau et pour réduire au minimum les taches sur la lessive et les accessoires de plomberie.

Le cuivre est un élément essentiel pour le métabolisme humain et il est bien connu que sa carence entraîne divers troubles cliniques, notamment l’anémie nutritionnelle chez les nourrissons. L’absorption de doses importantes de cuivre a des effets nocifs sur la santé, mais les concentrations auxquelles ces effets se manifestent sont beaucoup plus élevées que l’OE. Le cuivre est présent dans la nature sous forme de métal et dans les minéraux. Le cuivre n’est pas considéré comme un contaminant inquiétant aux TNO.

Cyanure

Comme le cyanure est toxique pour les humains, la concentration maximale acceptable (CMA) de cyanure libre dans l’eau potable a été fixée à 0,2 mg/L.

Les cyanures sont libérés dans l’environnement aquatique avec les effluents de diverses industries comme celle de l’extraction de l’or. Selon des données représentatives, la concentration de cyanure dans l’eau potable consommée au Canada est très faible. Les déversements industriels ou les accidents de transport pourraient entraîner la contamination des sources d’eaux brutes par des concentrations élevées de cyanure. Le cyanure n’est pas considéré comme un contaminant inquiétant aux TNO.

Fluorure

Aux TNO, les sources d’eau comprennent naturellement du fluorure, à un niveau se situant entre 0,1 et 0,3 mg/L. D’après les recommandations du dentiste en chef de Santé Canada, l’administrateur en chef de la santé publique du GTNO a décidé que la concentration optimale de fluorure dans l’eau potable, pour que cela soit bon pour les dents, devait être fixée à 0,7 mg/L. Dans les Recommandations pour la qualité de l’eau potable au Canada, la concentration maximale de fluorure dans l’eau potable a été fixée à 1,5 mg/L.

L’ajout de fluorure dans l’eau potable reste une des interventions les plus rentables et les plus accessibles que les leaders communautaires peuvent prendre pour améliorer la santé bucco-dentaire dans les collectivités. Vous trouverez plus de renseignements sur le site de Santé Canada :

http://www.hc-sc.gc.ca/hl-vs/iyh-vsv/environ/fluor-fra.php.

Aux TNO, la plupart des collectivités ne traitent pas l’eau potable pour y ajouter du fluorure ou l’en retirer. À l’heure actuelle, c’est-à-dire en 2015, notons toutefois que les collectivités d’Inuvik, de Fort Smith et de Yellowknife ont ajouté du fluorure dans l’eau pour améliorer la santé bucco-dentaire de la population. Les collectivités qui ajoutent du fluorure dans l’eau doivent surveiller son niveau en prélevant des échantillons quotidiennement.

Pour en savoir plus sur la façon dont votre collectivité gère le fluorure dans l’eau potable, veuillez communiquer avec votre administration communautaire ou l’agent en hygiène du milieu de votre région.

Fer

L’objectif d’ordre esthétique (OE) fixé pour la proportion du fer dans l’eau potable est de 0,3 mg/L. En concentration supérieure, le fer peut donner un goût déplaisant à l’eau et tacher la lessive et les appareils de plomberie.

Le fer est un élément essentiel à la nutrition. Les carences en fer peuvent avoir certains effets, notamment une insuffisance du développement mental chez l’enfant, une perte de rendement au travail chez l’adulte et, dans les cas graves, l’anémie et une oxygénation compromise. En abondance, le fer est le quatrième élément dans l’écorce terrestre et le premier parmi les métaux lourds. On le trouve surtout sous forme de Fe(II) ou de Fe(III). Au Canada, la concentration de fer dans les eaux de surface est généralement inférieure à 10 mg/L. On trouve généralement le fer dans les eaux de surface sous forme de sels contenant du Fe(III) lorsque le pH est supérieur à 7. La plupart de ces sels sont insolubles et sont précipités ou adsorbés sur différentes surfaces. Par conséquent, la concentration de fer dans les eaux bien aérées est rarement élevée. En milieu réducteur, comme dans certaines eaux souterraines, certains lacs ou certains réservoirs, et en l’absence de sulfure et de carbonate, on peut trouver du Fe(II) soluble en concentration élevée. La présence du fer dans des sources naturelles d’approvisionnement en eau est attribuable à la décomposition de la roche et des minéraux, aux eaux acides de drainage des mines, aux eaux de lixiviation des dépotoirs, aux effluents d’égouts ainsi qu’aux rejets des secteurs industriels qui traitent le fer.

Manganèse

L’objectif d’ordre esthétique (OE) pour le manganèse présent dans l’eau potable a été fixé à 0,05 mg/L

La présence de cet élément dans les approvisionnements d’eau est indésirable pour plusieurs raisons. À des concentrations supérieures à 0,15 mg/L, le manganèse tache les éléments de plomberie et les tissus, en plus de donner aux boissons un goût désagréable. Il peut causer des problèmes dans les réseaux de distribution en y favorisant la croissance de microorganismes. Même à des concentrations inférieures à 0,05 mg/L, le manganèse peut former dans la tuyauterie des dépôts sous la forme de précipités noirs. Le manganèse est présent dans plus d’une centaine de composés de sels et de minéraux communs que l’on retrouve dans les roches, les sols et au fond des lacs et des océans. Le plus souvent, on trouve le manganèse sous forme de dioxyde, de carbonate ou de silicate de manganèse. Le manganèse pose surtout problème pour les systèmes d’approvisionnement utilisant des eaux souterraines.

Mercure

Le mercure est un élément toxique qui n’accomplit aucune fonction physiologique utile chez l’homme. La concentration maximale acceptable (CMA) de mercure dans l’eau potable est de 0,001 mg/L.

Le mercure cause de sérieuses préoccupations en raison de son accumulation sous forme organique chez les poissons. On a observé des concentrations élevées de mercure dans la chair de tous les poissons d’eau douce capturés dans les étendues dont on appréhende la contamination mercurielle, et qui souvent les rendent impropres à la consommation humaine. L’ingestion quotidienne à long terme d’environ 0,25 mg de mercure sous forme de méthylmercure a déjà causé l’apparition de symptômes neuropathiques; cependant, même dans les eaux canadiennes fortement polluées, les concentrations de mercure dépassent rarement 0,03 mg/L. Le respect de CMA de mercure dans l’eau potable garantit donc une marge confortable de sécurité. La teneur en mercure des eaux superficielles et de l’eau du robinet est généralement bien inférieure à cette concentration. Le mercure n’est pas considéré comme un contaminant inquiétant aux TNO.

Nitrate

La concentration maximale acceptable (CMA) pour le nitrate dans l’eau potable a été fixée à 45 mg/L. Si le nitrate et le nitrite sont mesurés séparément, la concentration de ce dernier ne devra pas dépasser 3,2 mg/L.

L’effet toxique le plus répandu provoqué par la présence de nitrate dans l’eau potable est la méthémoglobinémie, qui entrave la circulation de l’oxygène dans les tissus corporels. Les nourrissons de moins de 3 mois sont les plus vulnérables. Le nitrate (NO3) et le nitrite (NO2) sont des ions très répandus et présents de manière naturelle dans l’environnement.

Tous deux sont produits par l’oxydation de l’azote (qui compose 78 % de l’atmosphère) par les microorganismes qui se trouvent dans les plantes, dans le sol ou dans l’eau, et, dans une moindre mesure, par les décharges électriques comme les éclairs. Le nitrate est la forme la plus stable d’azote oxydé, mais il peut être réduit en nitrite (modérément réactif sur le plan chimique) par l’action des microbes.

Les sources de nitrates dans l’eau (et en particulier dans les eaux souterraines) comprennent les plantes et les animaux en décomposition, les engrais agricoles, le fumier, les égouts domestiques, ou encore les formations géologiques contenant des composés d’azote sous forme soluble. Le nitrate n’est pas considéré comme un contaminant inquiétant aux TNO, étant donné qu’il s’y pratique très peu d’agriculture commerciale.

pH

La marge acceptable du pH de l’eau potable est comprise entre 6,5 et 8,5. À un pH inférieur à 6,5, l’eau est considérée comme acide et peut s’avérer corrosive. À un pH supérieur à 8,5, l’eau est considérée comme alcaline et peut causer des problèmes d’incrustation et d’entartrage. Plus le pH de l’eau est élevé, moins le chlore est efficace pour la désinfecter.

Sélénium

Le sélénium est naturellement présent dans l’environnement et vient de l’érosion et de l’altération des roches et des sols, ainsi que des cendres rejetées par les centrales électriques alimentées au charbon, de l’exploitation des mines et du raffinage du cuivre et d’autres métaux. On trouve également le sélénium dans les alliages en laiton sans plomb qui sont installés pour remplacer le plomb. La concentration maximale acceptable (CMA) de sélénium dans l’eau potable est de 0,05 mg/L.

Le sélénium est un élément nutritif essentiel. La CMA a été fixée par rapport aux symptômes de sélénose chronique chez les humains après une exposition prolongée à des concentrations élevées de sélénium. Les symptômes se caractérisent par une perte de cheveux, des caries dentaires, des ongles anémiés et le dysfonctionnement du système nerveux en cas d’exposition à des concentrations extrêmement élevées. La source de sélénium est principalement alimentaire et on dispose de peu de renseignements sur la toxicité du sélénium dans l’eau potable.

Sodium

L’objectif d’ordre esthétique (OE) fixé pour la concentration du sodium dans l’eau potable a été fixé à 200 mg/L. On considère ordinairement le goût de l’eau potable comme désagréable lorsque la concentration du sodium dépasse ce niveau. Le sodium n’est pas considéré comme toxique. Un adulte en absorbe normalement jusqu’à 5 g/jour. Même si l’apport moyen de sodium provenant de l’eau potable ne représente qu’une petite partie de ce qui est absorbé dans une alimentation normale, l’apport de sodium provenant de cette source peut être important pour les personnes souffrant d’hypertension ou d’insuffisance cardiaque, qui doivent en général suivre un régime alimentaire hyposodé.

Le sodium est le plus abondant de tous les éléments alcalins, et il constitue 2,6 % de la croûte terrestre. Ses composés sont très répandus dans la nature. Le sodium est un métal mou, blanc argenté et fortement réactif qui, dans la nature, ne se rencontre qu’à l’état combiné. Ce métal alcalin se présente fréquemment sous forme ionisée. On observe que, dans les milieux biologiques et même dans les solides tels que le chlorure de sodium, le sodium demeure sous forme ionisée.

 

Sulfate

L’objectif d’ordre esthétique (OE) fixé pour la concentration des sulfates dans l’eau potable est 500 mg/L; il est fondé sur des considérations de goût. Vu la possibilité d’effets physiologiques nocifs à des concentrations plus élevées, il est aussi recommandé d’avertir les autorités compétentes si la concentration de sulfates d’une source d’eau potable dépasse 500 mg/L.

Le soufre est un élément non métallique. Le soufre, principalement sous la forme d’acide sulfurique, est l’un des produits chimiques les plus utilisés dans les sociétés industrialisées. La majeure partie du soufre est transformée en acide sulfurique.

Des composés à base de sulfates ou d’acide sulfurique servent aussi dans la fabrication de nombreux produits chimiques, teintures, verres, papiers, savons, textiles, fongicides, insecticides, composés astringents et émétiques. Ils servent aussi dans les industries des mines, de la papeterie, de la métallurgie et du placage. Le sulfate d’aluminium (alun) sert d’agent de sédimentation dans le traitement de l’eau potable; le sulfate de cuivre a servi aux États-Unis pour la limitation des algues bleues dans les eaux brutes et les réserves publiques d’eau. Le sulfate n’est pas considéré comme un contaminant inquiétant aux TNO.

 

Matières dissoutes totales (MDT)

L’objectif d’ordre esthétique (OE) fixé pour les matières dissoutes totales (MDT) présentes dans l’eau potable a été fixé à 500 mg/L. Une concentration plus grande peut rendre l’eau trop dure, lui donner un mauvais goût et entraîner des dépôts minéraux et de la corrosion. En revanche, la présence de faibles concentrations de MDT dans l’eau contribue à lui donner bon goût.

Les matières dissoutes totales (MDT) sont les sels inorganiques et les petites quantités de matières organiques qui sont dissous dans l’eau. Leurs principaux constituants sont habituellement les cations calcium, magnésium, sodium et potassium et les anions carbonate, bicarbonate, chlorure, sulfate et, en particulier dans les eaux souterraines, le nitrate (en raison des utilisations agricoles). Les matières dissoutes totales présentes dans les réserves d’eau proviennent de sources naturelles, des égouts, du ruissellement urbain et agricole, et des eaux usées industrielles.

Dureté totale

Bien que la dureté puisse avoir sur l’eau des effets d’ordre esthétique, on n’a pas fixé de concentration maximale acceptable, car la tolérance du public à l’égard de la dureté peut varier considérablement selon les conditions locales. Une eau dont la dureté est supérieure à 200 mg/L est considérée comme médiocre, mais elle est tolérée par les consommateurs; les eaux dont la dureté est supérieure à 500 mg/L sont inacceptables pour la plupart des usages domestiques. On trouve généralement des niveaux de dureté supérieure dans les eaux souterraines.

La dureté de l’eau sert traditionnellement à mesurer le pouvoir de réaction de l’eau avec le savon. L’eau dure a besoin d’une quantité considérable de savon pour produire de la mousse; par ailleurs, elle provoque également l’entartrage des canalisations d’eau chaude, des chaudières et des appareils ménagers. La dureté de l’eau est due aux ions métalliques polyvalents dissous. Dans l’eau douce, les principaux ions responsables de la dureté sont les ions calcium et magnésium; les ions strontium, fer, baryum et manganèse y contribuent également.

Turbidité

La turbidité est une mesure de la limpidité ou de l’opacité relative de l’eau. La turbidité de l’eau vient de la présence de diverses matières en suspension et de matières colloïdales comme le limon, l’argile, des matières organiques et inorganiques en fines particules, le plancton et d’autres microorganismes. La turbidité n’est pas la mesure directe des particules suspendues dans l’eau. Il s’agit plutôt de la mesure de l’effet dispersif qu’ont ces particules sur la lumière. Un rayon de lumière demeure relativement non perturbé quand il traverse de l’eau absolument pure, alors que quand des particules sont présentes, elles diffusent et absorbent la lumière, qui n’est plus aussi bien transmise.

La turbidité est reconnue comme étant liée à la santé, car les particules peuvent receler des bactéries provenant de la désinfection au chlore et peuvent être une source de nourriture pour les microorganismes. Une forte turbidité dans l’eau peut provoquer des maladies d’origine hydrique et peut nécessiter d’augmenter le chlore nécessaire pour la désinfection.

Uranium

La concentration maximale acceptable (CMA) provisoire d’uranium dans l’eau potable est de 0,02 mg/L.

L’uranium se retrouve dans les sources d’approvisionnement en eau par lixiviation à travers les dépôts naturels de l’élément, par le rejet des résidus miniers, les émissions de l’industrie nucléaire, ainsi que la combustion du charbon et d’autres combustibles. Les engrais phosphatés peuvent également contribuer à la teneur en uranium des eaux souterraines. L’uranium n’est pas considéré comme un contaminant inquiétant aux TNO.

Zinc

L’objectif d’ordre esthétique (OE) pour le zinc est de 5,0 mg/L. Le zinc est un élément essentiel qui est généralement considéré comme non toxique. Du point de vue nutritionnel, l’eau potable n’est pas considérée comme une source importante de cet élément. L’eau renfermant des teneurs en zinc supérieures à 5,0 mg/L a tendance à être opalescente, à laisser une pellicule graisseuse après ébullition et à prendre un goût indésirable à cause de son astringence.

Le zinc est un élément abondant. La forme minérale la plus commune du zinc est la sphalérite (ZnS), qui est souvent associée aux sulfures de certains autres éléments métalliques tels que le plomb, le cuivre, le cadmium et le fer. Le zinc n’est pas considéré comme un contaminant inquiétant aux TNO.

Carbone organique total (COT)

Le carbone organique total correspond à la quantité de matières organiques dans l’eau. Ces matières peuvent provenir de plantes ou d’animaux, de biofilms ou de bactéries présentes dans le réseau de distribution d’eau, ou de produits comme le pétrole ou le plastique. Les matières organiques sont contrôlées, car elles pourraient réagir avec le chlore et générer des sous-produits de désinfection comme les trihalométhanes. Les réseaux d’eau potable s’alimentent dans des sources à teneur élevée en matières organiques et sont généralement dotés de stations de traitement conçues pour éliminer les matières organiques de l’eau avant d’y ajouter le chlore.

Carbone organique dissous (COD)

Le carbone organique dissous mesure la partie dissoute des composés organiques dans l’eau. Ces matières peuvent provenir de plantes ou d’animaux, de biofilms ou de bactéries présentes dans le réseau de distribution d’eau, ou de produits comme le pétrole ou le plastique. Les matières organiques sont contrôlées, car elles pourraient réagir au chlore et générer des sous-produits de désinfection comme les trihalométhanes. Les réseaux d’eau potable s’alimentent dans des sources à teneur élevée en matières organiques et sont généralement dotés de stations de traitement conçues pour éliminer les matières organiques de l’eau avant d’y ajouter le chlore.

Total des solides en suspension (TSS)

Le total des solides en suspension (ou TSS) est contrôlé pour des raisons d’ordre sanitaire et esthétique. Les contaminants organiques et les métaux lourds étant adsorbés sur des particules, les matières en suspension protègent les microorganismes des désinfectants, ce qui peut se traduire par des nuisances olfactives.

Trihalométhane

La concentration maximale acceptable provisoire pour les trihalométhanes (THM) dans l’eau potable est de 0,100 mg/L. Les THM sont les sous-produits du mélange du chlore avec des particules organiques. Si l’eau brute contient des concentrations importantes de matière organique, des THM pourraient apparaître à l’étape de la désinfection. Le fait de boire de l’eau potable contenant beaucoup de THM sur une très longue période pourrait provoquer le cancer, mais le fait de boire de l’eau non désinfectée avec du chlore pourrait s’avérer encore plus risqué pour la santé.